>Une ère de loisirs
On est des touristes dans la plaine : je prends mon bain dans une fosse à fumier, ma famille se dore dans un champ labouré. C'est la fin d'un travail laborieux. Le corps à perdu son caractère aliéné, la " joie physique " de Pagès n'est pas nécessaire. Il est vrai que je n'ai pas choisi n'importe quel pneu ; mais le travail en lui-même, dans le montage de mes productions, le choix des matériaux (etc.), n'est pas conçu comme une volonté de me battre avec la matière. J'ai plutôt choisi la simplicité des tâches : par exemple je ne suis pas allée dans le champ de vignes pour l'entourer de sacs plastiques Auchan, j'ai opté pour un travail sur Photoshop ; et puis la production se veut d'un caractère ludique et enfantin, ce qui lui ôte toute implication physique. Toute la production fait référence aux vacances au bord de l'eau, avec les palmes, le tuba, le bruissement de l'eau, les gigantesques bouées (les pneus), les images diffusées le long du parcours…
Enfin le bronzage qui était signe de rusticité (les paysans étaient reconnaissables par leur peau basanée puisqu'ils travaillaient toute la journée au champ) aujourd'hui est signe d'oisiveté.